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Les Chronologies

Restrictions des libertés

Une chronologie des mesures liées à « l’état d’urgence sanitaire » qui restreignent les libertés individuelles et collectives.

Pour des raisons de compréhension du contexte, cette chronologie commence avant la crise du coronavirus.

Octobre 2017 : L’état d’urgence mis en place en 2015 est intégré dans le droit commun par la macronie :

  • Périmètres de protection. L’article 1er permet aux préfets et représentants de l’Etat de restreindre la circulation et l’accès des personnes pour de grands événements culturels et sportifs (matchs de football, concerts…) et autorise fouille de véhicules et palpations dans ce contexte.
  • Assignation à résidence. Le texte prévoit la possibilité de prononcer des assignations à résidence renouvelable tous les trois mois, dans une durée maximum d’un an. Le périmètre est élargi à la commune, la personne assignée pourra donc sortir de chez elle et devra pointer une fois par jour au maximum et devra communiquer son numéro de téléphone et ses identifiants électroniques.
  • Perquisition administrative. La pratique a été renommée « visites domiciliaires » mais il s’agit toujours de perquisitions, qui peuvent être effectuées non pas sur réquisition judiciaire mais sur une simple information du juge des libertés et de la détention. Elles peuvent s’accompagner de « saisies » permettant notamment d’exploiter les données numériques des ordinateurs ou des téléphones portables.
  • Contrôle des déplacements. Le ministère de l’intérieur pourra décider de placer toute personne suspecte sous bracelet électronique avec son accord. Cette mesure avait été introduite dans la loi de l’état d’urgence à l’occasion de sa première prolongation, en décembre 2015, mais la Place Beauvau ne s’en était pas servie, de peur qu’elle ne soit pas conforme à la Constitution.
  • Surveillance des communications. Ce projet comporte également une série de mesures concernant les services de renseignement, notamment la surveillance des communications hertziennes. Une personne suspectée sera aussi dans l’obligation de donner à la police ses identifiants de divers compte (réseaux sociaux, adresses de messagerie, etc.).

Décembre 2018 : L’Etat a commandé 1280 nouveaux « lanceurs mono-coup » type LBD, principalement pour la gendarmerie, et 450 LBD semi-automatiques – des « lanceurs multi-coups » (LMC) pour les policiers.

Juin 2019 : macron commande 25 millions de cartouches de fusils d’assaut pour la police, la gendarmerie et le pénitentiaire (jusqu’à 750 balles par minutes, étales à 2 km) et 40.000 grenades de désencerclement.

22 janvier 2020 : Discussion au Parlement dans la nuit du 21 au 22 d’une proposition de loi déposée par une députée Lrem destinée à censurer les « contenus haineux sur Internet ». La proposition de loi prévoit d’obliger les plateformes et moteurs de recherche à retirer sous 24 heures les contenus « manifestement » illicites. « Parmi eux : les provocations au terrorisme, les incitations à la haine ou à la violence, les propos discriminatoires, ou encore les injures à caractère raciste, homophobes ou religieuses ». Selon 20 Minutes, « « La loi indique que ce sont aux plateformes et réseaux sociaux, qui sont des acteurs privés, de juger leurs contenus. Les termes de « manifestement illicite » impliquent une part d’arbitraire et laissent une marge d’appréciation », décrypte Nikos Smyrnaios, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Toulouse-III. Il craint que le court laps de temps imposé pour supprimer ces contenus, couplé à la peur d’une amende – instaurée également par le texte et pouvant aller jusqu’à 1,25 million euros – ne pousse des plateformes à supprimer des contenus au moindre doute, participant à une généralisation de la censure ».

20 février 2020 : Décret qui légalise GENDNOTES, une application qui permet la prise d’informations numérisée sur les orientations politiques, sexuelles, sur l’appartenance syndicale, sur la santé, de personnes contrôlées par la gendarmerie.

3 mars 2020 : L’Etat commande pour 3,6 millions d’euros de gaz lacrymos pour les forces de l’ordre.

8 mars 2020 : Interdiction des rassemblements de plus de 1000 personnes.

12 mars : Annonces de macron, pour le soutien aux entreprises afin d’éviter des faillites, et la fermeture des écoles. Il dit que « L’État prendra en charge l’indemnisation des salariés contraints de rester chez eux« .

15 mars : 1er tour des élections municipales.

16 mars : Annonce du confinement dès le 17 à midi, pour 15 jours mais ce n’est pas clair. Macron ne parle pas de confinement.

+ Décret du 16 mars 2020 « portant réglementation des déplacements dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus covid-19« 

17 mars : Décret du 17 mars 2020 « portant création d’une contravention réprimant la violation des mesures destinées à prévenir et limiter les conséquences des menaces sanitaires graves sur la santé de la population« . Les déplacements sont limités, contrôlés et 100.000 policiers sont déployés dans les rues. Les PV sont passés de 38€ à 135€.

Les 2 décrets s’appuient sur l’article L3131-1 du Code de la santé publique, modifié le 23 mars.

+ La population de Paris a réduit de 20% d’après les données téléphone fournies par Orange (anonymisées).

18 mars : Les opérateurs mobile en Italie, Allemagne, Autriche ont accepté de fournir les données de leurs abonnés aux autorités. En Allemagne pour suivre en macro les déplacements et en Italie pour suivre les déplacements individuels.

19 mars : Interdiction de se balader en forêt, à la plage, à plus d’un kilomètre de chez soi.

20 mars : Couvre-feu à Nice. Le 21 c’est dans les Alpes-Maritimes à partir de 22h.

23 mars : Nouvelle loi 2020-290 du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19, adoptée au Parlement.

+Etat d’urgence décidé par décret en conseil des ministres, pour une durée de deux mois à partir de la date d’entrée en vigueur. Il peut être prolongé au-delà d’un mois, et c’est encore un décret qui y met fin.

+ Création d’un conseil scientifique nommé par décret.

+ Renforcement du contrôle des déplacements.

+ En parallèle le gouvernement demande aux gens d’aller travailler, notamment dans les champs (appel le 24 mars, 40.000 candidats en 24h).

+ 25 ordonnances sur le virus passées le même jour. Au milieu de cette série de 25 ordonnances, la 6e permet de passer outre « quatre procédures administratives préalables en vue de l’implantation ou de la modification d’une installation de communications électroniques ». Le décret va ainsi torpiller la loi abeille obligeant les opérateurs à certaines précautions quant à l’installation d’antennes relais, « pour assurer la continuité du fonctionnement des services et des réseaux de communications électroniques » et permet d’implanter les antennes 5G [1].

25 mars : Décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Il mentionne notamment que « Tout rassemblement, réunion ou activité mettant en présence de manière simultanée plus de 100 personnes en milieu clos ou ouvert, est interdit sur le territoire de la République jusqu’au 15 avril 2020« .

+ Contrôle des prix des gels et masques. Pas respecté. 

+ Amende encore majorée: 1ère fois 135€, 2e fois dans les 15 jours 1.500€, 4 fois en 30 jours : 3.750 € + 6 mois de prison + TIG + suspension de 3 ans du permis de conduire.

+ Création d’un comité de 12 chercheurs et médecins –le Care- par macron, pour « conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests« , et sur les « futurs vaccins » anti virus et « donner son avis sur « l’opportunité de la mise en place d’une stratégie numérique d’identification des personnes ayant été au contact de personnes infectées« . L’utilisation du téléphone n’est pas limitée au traçage des déplacements : « Dans le cas de la France, il n’est pas seulement question d’analyser des données de flux. L’Elysée réfléchir à l’opportunité « d’identifier les personnes en contact avec celles infectées par le virus du Covid-19″ grâce au numérique.  » Or les données de santé sont censées être protégées.

27 mars : Philippe annonce le confinement jusqu’au 15 avril.

+ L’INSERM travaille sur une appli utilisant les données portable pour déterminer l’évolution de l’épidémie d’après les déplacements des gens.

29 mars : L’amende passe à 200€ dès la première infraction.

31 mars : Ordonnance de Belloubet qui prolonge les détentions provisoires de 3 à 6 mois selon la gravité des infractions : « Comprenons bien : d’un claquement de doigts, une circulaire vient de prolonger le titre de détention de 21 000 détenus. Exit les juges, exit les avocats, exit les audiences, exit tout! La ministre sucre le droit acquis de tout détenu de voir sa situation réexaminée lors d’un débat permettant à son avocat de le sortir éventuellement au terme de son mandat de dépôt de l’enfer que seront dans quelques jours les prisons« .

+ Loi organique qui suspend les délais pour les Questions Prioritaires de Constitutionnalité jusqu’au 30 juin.

+ Van Der Leyen déclare que la commission européenne travaille avec les plateformes de réseaux sociaux « pour arrêter ceux qui cherchent à profiter de la crise » et lutter contre les « fausses infos ».

1er avril : Une avocate est interviewée par Marianne au sujet des contraventions qui pleuvent pour non-respect du « confinement ». Me Safya Akorri qui a défendu bénévolement le premier homme en comparution immédiate pour ce « délit » ( partir de la 4e contravention), explique qu’ « il règne, autour de ces contraventions, le flou le plus artistique qui puisse exister (…) On est dans un moment tellement extraordinaire, tellement hors du commun, qu’il est de la responsabilité de nos juges de faire rigoureusement attention au respect des libertés fondamentales. Même et surtout pour quelque chose d’aussi basique qu’une contravention« . Les abus se constatent même au plus haut niveau: « Ce que nous sommes en train de vivre est extrêmement inquiétant. Sous prétexte du confinement, nous laissons filer la totalité de nos principes fondamentaux. Vous avez le ministre de l’Intérieur qui dit, face caméra, que les gendarmes ont le droit de regarder ce que contient votre sac de course, s’ils ont le « sentiment » que vous « bluffez » ! Mais, non ! Le Code de procédure pénale est extrêmement clair sur la fouille de bagage : cela doit toujours se faire sous le contrôle d’un officier de police judiciaire (OPJ)« . L’avocate mentionne aussi le prolongement automatique et sans contradictoire des détentions provisoires, ou encore la difficulté de contester des amendes…

+ Palantir, boîte américaine qui bosse avec la CIA, négocie avec la France et l’Allemagne pour proposer une solution data pour lutter contre l’épidémie de covid-19. « Lorsqu’un pays ou une entreprise achète l’accès à Palantir, il peut utiliser le logiciel d’analyse de données pour extraire des informations numériques de grande envergure dans un référentiel unique et les exploiter pour des modèles. Aux États-Unis, Palantir a un contrat à long terme avec le Center for Disease Control and Prevention et travaille avec l’agence pour lutter contre la propagation du virus aux États-Unis« .

+ Article de Mediapart sur l’inconstitutionnalité des lois passées par la macronie, suite à la loi organique du 31 mars, validée par le conseil constitutionnel : « Concrètement, toute QPC questionnant la conformité d’une mesure de l’état d’urgence sanitaire risque d’être renvoyée aux calendes grecques » (…) « Sollicité par Mediapart, le Syndicat de la magistrature (SM) est bouillant. « Nous sommes scandalisés », déclare Sarah Massoud, secrétaire nationale du SM. « Au-delà des questions sur la régularité de certaines dispositions de cet état d’urgence sanitaire, le fait qu’il n’y ait pas eu de contrôle a priori des textes, et qu’il n’y aura pas de contrôle a posteriori est extrêmement dangereux dans un État de droit. On est abasourdis« .

2 avril : Jour de la vérification des faits (fact checking day) au Parlement européen. L’occasion de revenir sur la dangerosité des « fake news » sur le coronavirus, « pas seulement pour la santé, mais aussi pour la démocratie« , souligne le site Euractiv.com. Depuis le début de la crise, les institutions européennes ont mis en garde plusieurs fois contre les risques liés à la « désinformation » et recommandent de n’écouter que les « autorités sanitaires ».

3 avril : Les plateformes de réseaux sociaux Facebook, Reddit, Google, LinkedIn, Microsoft, Twitter et YouTube s’engagent à lutter contre les fake news. Il est question de bots qui diffusent de fausses informations. « Bot Sentinel est un site web qui utilise l’apprentissage automatique pour identifier les potentiels bots Twitter. Selon le site, le 26 mars, les comptes de bots représentaient 828 informations comprenant le hashtag #coronavirus, 544 comptes avec #COVID19 et 255 comptes avec #Coronavirus, et tout cela, en 24 heures. D’ailleurs, ces hashtags occupaient respectivement les 1re, 3e et 7e positions de tous les hashtags Twitter les plus populaires ».

+ Le Parisien évoque des « Tirs de mortier » sur la police, dans un guet-apens à Pantin.

+ Plus de 426.000 contrôles de police sur les déplacements depuis le 16 mars.

4 avril : Plusieurs médias (Europe 1, L’Express, TV5 Monde, Le Monde, La Voix du Nord, Libération…) dénoncent depuis 3 ou 4 jours la « censure » dans plusieurs pays, comme la Chine, l’Egypte, le Bangladesh, l’Algérie ou la Turquie, afin der masquer l’impact de la crise du coronavirus. Selon Le Monde, « En Algérie, en Egypte et en Turquie, où le déni le dispute à la censure dans la gestion de l’épidémie, la crise de confiance avec la population s’accentue. La courbe des décès et des contaminations y progresse lentement, mais inexorablement. La multiplication, depuis mi-mars, des mesures restrictives conforte pourtant le scepticisme face aux communiqués rassurants d’une « épidémie sous contrôle ».

5 avril : Une application, Covimoov développée par Geo4cast, permet de tracer les déplacements en voiture des français. Les médias dénoncent un « relâchement » du confinement : « En temps normal, les Français effectuent en moyenne 24 déplacements par semaine. Un chiffre tombé à 8 le 19 mars, soit deux jours après l’entrée en vigueur des règles de confinement, puis remonté aux alentours de 11-12, cette semaine. En clair : les Français ont effectué moitié moins de déplacements qu’à l’accoutumée, mais tout de même 50 % de plus qu’au début du confinement ». Dans le JDD, il est question d’une mission de réflexion lancée par Véran sur « l’opportunité de la mise en place d’une stratégie numérique d’identification des personnes ayant été en contact avec des personnes infectées » en utilisant les données des smartphones pour suivre les déplacements individuels. Selon Philippe, ce serait un test « sur base d’un engagement volontaire ». Il regrette qu’il n’y ait pas « d’instrument légal » pour le faire. De son côté, Google a utilisé les données Androïd des utilisateurs de 131 pays pour tracer leurs déplacements. Selon un sondage du JDD paru le même jour, « 75% des français sont favorables à l’utilisation de leurs données, en cas de contamination« , ce qui tombe bien puisque selon un spécialiste, l’application doit être utilisée par 70 à 75% de la population.

Appel mondial de l’ONU contre les violences conjugales, face une augmentation sans précédent. Selon France Info, « les violences familiales ont augmenté de plus de 30% depuis le début du confinement ».

6 avril : Castaner autorise les préfets à « durcir les mesures » s’il y a un « relâchement ». Suite à la diffusion d’images de parisiens dans les rues le dimanche précédent, un nouveau renforcement des restrictions est prévu : « Ce lundi matin, le ministre a déclaré sur France Info que les Français font partie dans le monde entier, de ceux qui respectent le mieux le confinement. Ce n’est pas en fonction de la météo qu’on décide de sortir ou pas, c’est en fonction d’un combat que nous menons contre le Covid-19, et le risque c’est le relâchement, a-t-il ajouté, alors que le week-end printanier avait donné à certains l’envie de s’autoriser une sortie exceptionnelle après 20 jours de confinement, au point qu’autorités et personnels hospitaliers ont réaffirmé l’importance de rester confinés », rapporte Ouest France.

+ Selon Castaner, 480.000 PV ont été dressés pour non respect du confinement, pour 8,2 millions de contrôles depuis le début du confinement. A 135 € au moins par PV, cela représente environ 64 millions d’euros. Il ajoute que « les Français font partie, dans le monde entier d’ailleurs, de ceux qui respectent le mieux le confinement« .

7 avril : nouvelles restrictions sur le « confinement » par la mairie de Paris suite aux images de la veille, montrant des gens dans les rues de Paris. Il est désormais interdit de faire de « l’activité physique » entre 10 h du matin et 19 h à Paris.

+ Le « déconfinement » est lancé en Autriche et au Danemark, pour commencer après le week-end de Pâques. Selon Le Point, « L’Autriche commence par autoriser la réouverture des magasins, le Danemark celle des écoles primaires et maternelles« . La 1ère Ministre danoise a dit que le processus serait long, qu’il fallait maintenir les mesures d’hygiène et a prévenu : « Nous allons vivre avec de nombreuses restrictions pendant encore de nombreux mois« . En Autriche, où le confinement a commencé en même temps qu’en France, « les petits commerces d’une surface inférieure à 400 mètres carrés, ainsi que les grands magasins de bricolage et de jardinage vont pouvoir rouvrir leurs portes le 14 avril, et les restaurants et hôtels un mois plus tard (…) Les rassemblements, eux, restent interdits jusqu’à fin juin au moins« , explique le média.

+ L’Allemagne, dont certains Länder ont démarré le confinement le 22 mars, annonce le « déconfinement » pour le 19 avril.

8 avril : Plainte collective des avocats contre Belloubet « via une double requête en référé devant le Conseil d’État, cosignée par la quasi-totalité de l’avocature : Conseil national des barreaux, conférence des bâtonniers, conférence nationale des avocats, union des jeunes avocats, association des avocats d’entreprises, barreau de Paris… En cause, la simplification de certaines procédures pour cause de guerre sanitaire« . Ils expliquent que les mesures « exceptionnelles » qui sont prises sont amenée à s’inscrire dans la durée: « Nous ne sous-estimons pas la gravité de l’épidémie et les mesures exceptionnelles qu’elle implique, mais cette nécessité est à l’évidence détournée pour suspendre « provisoirement » le principe du contradictoire. La stratégie constante du gouvernement depuis une vingtaine d’années est aujourd’hui trop connue pour lui laisser le bénéfice du doute. Ces mesures n’ont évidemment pas vocation à rester cantonnées à l’état d’urgence sanitaire, mais à s’instaurer dans le droit commun« . Selon Libération qui rapporte ces plaintes, « La requête vise la simplification envisagée par le gouvernement dans deux procédures particulières : au civil, le placement des mineurs ; au pénal, la détention provisoire des prévenus en attente de jugement« .

+ Seuls deux pays imposent une attestation de sortie, l’Italie d’abord, puis la France qui l’a imitée.

+ Le « Décret n° 2020-412 du 8 avril 2020 relatif au droit de dérogation reconnu au préfet », signé par macron, Philippe et Castaner et paru très discrètement, autorise les préfets de tout le territoire à déroger à la réglementation dans les domaines suivants:

  • Subventions, concours financiers et dispositifs de soutien en faveur des acteurs économiques, des associations et des collectivités territoriales ;
  • Aménagement du territoire et politique de la ville ;
  • Environnement, agriculture et forêts ;
  • Construction, logement et urbanisme ;
  • Emploi et activité économique ;
  • Protection et mise en valeur du patrimoine culturel ;
  • Activités sportives, socio-éducatives et associatives.

Selon le magazine Reporterre, « le préfet pourra, à l’avenir, restreindre la durée d’une enquête publique, passer outre une étude d’impact, limiter certaines consultations préalables ou même déroger à la nomenclature dite ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a jugé la mesure «utile pour faciliter la reprise de notre pays». De leur côté, les associations écologistes s’inquiètent et voient dans cette dérogation un véritable «sabotage du droit de l’environnement»« . Ce décret prolonge et étend une « expérimentation » menée depuis 2 ans dans 2 régions et 17 départements.

+ Appel officiel à la délation par la mairie de Montgeron, dirigée par une maire LR, dans une lettre adressée aux habitants. Il y a est notamment écrit : « Si vous êtes témoin du non-respect du confinement, je vous invite à le signaler à la police municipale (elle donne le numéro) ou nationale (en appelant le 17) afin que les forces de sécurité puissent intervenir dans les meilleurs délais« .

+ Un site relaie les motifs les plus absurdes utilisés par les forces de l’ordre pour verbaliser dans le cadre du « confinement ».

+ Évacuation violente de la ZAD de Brétignolles-sur-Mer par les forces de l’ordre, en enfreignant les règles de confinement. La trentaine de ZADistes a été nassée puis arrêtée. « D’après un témoignage recueilli par France Bleu Loire Océan, le dispositif déployé (hélicoptère, drones, nombre de véhicules) était «impressionnant». Selon Les Sables – Vendée Journal, «l’opération aura mobilisé deux Psig, un escadron de gendarmerie mobile, une quinzaine de gendarmes motocyclistes et 36 enquêteurs pour vérification d’identité».

9 avril : Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a souligné le risque d’utilisation d’armes biologiques. Il a déclaré lors d’une réunion du conseil de sécurité : « Les faiblesses et la mauvaise préparation mises en évidence par cette pandémie donnent un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler une attaque bioterroriste, et augmentent également le risque de celle-ci« , rapporte le quotidien en ligne belge 7 sur 7. Selon Guterres, qui a appelé les pays membres à « s’unir » pour lutter contre le virus, « Les groupes non gouvernementaux pourraient avoir accès à des souches de virus qui pourraient dévaster des communautés dans le monde entier« .

+ Le préfet de Seine et Marne a « réquisitionné » des chasseurs le week-end dernier « pour prévenir et signaler » aux « forces de l’ordre » les incartades aux confinement.

+ Une spécialiste des droits humains, Aline Daillère, explique dans Médiapart avoir reçu de nombreux « témoignages de jeunes hommes disant faire l’objet d’amendes en grand nombre et de manière abusive », dans des quartiers populaires« , et évoque deux inquiétudes majeures quant aux contrôles policiers durant le « confinement »: « D’abord, le défaut d’information des citoyens sur leurs droits face à ces amendes, sur les modalités de recours. Ensuite, mon étude laisse penser que certains individus sont susceptibles de faire l’objet d’amendes à répétition. Peut-être parce qu’ils respectent moins le confinement, mais aussi parce qu’ils sont plus ciblés que d’autres, dans certains quartiers, par des policiers qui les connaissent. Or, la réitération de verbalisations pour non-respect du confinement est un délit, susceptible d’entraîner une condamnation. C’est une nouveauté« . Les droits de la défense ne semblent pas assurés : « Ce délit permet le passage en comparution immédiate, alors même que les délais de recours contre les amendes ne sont pas épuisés. Une personne qui a eu plusieurs amendes en un temps rapproché pour non-respect du confinement, et qui les contesterait parce qu’elle les juge abusives, pourrait malgré tout se voir condamnée avant que ses contestations soient étudiées par le tribunal de police« . 

10 avril : Apple et Google font alliance pour développer le traçage des personnes atteintes par le Covid-19 au niveau mondial. L’objectif est d’alerter par SMS les personnes qu’elles ont été en contact avec quelqu’un qui a été infecté par le virus.

+ Enfance en Danger – L’augmentation du nombre d’appel au 119 inquiète car les signalements considérés comme urgents ont augmenté de 60% depuis le début de la crise, rapporte France Bleu

+ En Alsace, il est interdit par un arrêté limité au week-end de Pâques de se promener à deux, ou même de se retrouver à deux adultes dans le même véhicule.

+ Une étude de l’Université de Cambridge conclut que le premiers cas de covid en Europe a été identifié en Allemagne à la fin du mois de janvier. Selon le journal belge 7 sur 7, « L’équipe de chercheurs a réussi à retracer l’origine des différentes souches du Covid-19 grâce à l’analyse du réseau phylogénétique. Il semblerait également y avoir trois foyers d’infection, avec des variantes du type A, B et C« [2].

+ Un article de France Info évoque les « théories du complot » qui font le lien entre les antennes 5G et la propagation du coronavirus. Lesdites théories auraient amenés des gens à détruire des antennes 5G dans plusieurs villes d’Angleterre. « L’Organisation mondiale de la santé confirme que l’exposition aux technologies sans fil n’est responsable d' »aucun effet néfaste sur la santé », même si elle reconnaît, à l’instar de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), un manque d’études sur les fréquences utilisées par la 5G« .

+ En 3 jours, 3 personnes sont mortes lors d’une interpellation par la police (Béziers, Angoulême, Cambrai).

+ Les renseignements anticipent des émeutes post-confinement… Le Parisien évoque des « notes confidentielles«  du service central du renseignement territorial, qui évoquent « une radicalisation de la contestation sociale à l’issue du confinement« , d’après le journal. C’est surtout la gauche qui est pointée du doigt, via les fameux « autonomes » déjà vilipendés dans l’affaire du fiasco de Tarnac ou encore une hypothétique « ultra gauche », mais aussi l’extrême droite, dont certains appellent à la violence. Les « RG » sont en train de pister les gens sur les réseaux sociaux : « Des manifestations sont déjà prévues pour le premier samedi post-confinement ou le 21 juin, en hommage à Steve Maia Caniço, ce jeune mort en marge d’une opération de police controversée à Nantes l’an passé« . Et le Parisien d’ajouter : « Dans l’attente de la sortie du confinement, les agents du renseignement anticipent « la création de comités de lutte entre personnes d’un même immeuble » ainsi « qu’une organisation commune à distance »« .

+ Tribune d’un avocat dans Marianne sur l’application StopCovid, pour tracer les citoyens dans le cadre du coronavirus, que le gouvernement a décidé de développer. « Au-delà d’une très probable inefficacité, ce système de tracking poserait les bases juridiques et politiques, établies dans l’urgence, d’une acceptation morale de la population vers une surveillance plus globale. StopCovid utiliserait la technologie Bluetooth permettant à des appareils, par exemple des smartphones, de communiquer entre eux. Ces derniers captent réciproquement leurs signaux qui ne sont toutefois pas géolocalisables. C’est la raison pour laquelle le gouvernement opterait pour cette technologie, moins attentatoire aux libertés fondamentales« , explique-t-il. Ce fonctionnement par Bluetooth considère que les téléphones proches eux aussi dotés l’application sont en contact avec vous, ce qui implique potentiellement beaucoup de monde puisque la portée peut aller jusqu’à 100 m. « En outre, cette application ne saurait être efficiente que si elle était accompagnée d’un dépistage massif, faisant indiscutablement défaut« .

+ Le préfet de Seine-et-Marne renonce à recourir aux chasseurs pour faire respecter le « confinement ». Selon La Gazette des Communes, « Le préfet de Seine-et-Marne voulait rendre plus restrictives les mesures d’interdiction de déplacement en lien avec l’épidémie de Covid-19 en réquisitionnant des chasseurs du département. Une bronca l’en a dissuadé, mais les chasseurs convoitent toujours certaines missions de police de l’environnement ».

12 avril : Le JDD annonce que lors de son discours à la télé, macron va « annoncer des mesures fortes lundi soir et devrait prolonger le confinement jusqu’à la mi-mai, au moins. Selon les témoignages et confidences recueillis au sommet de l’État, le Président semble déterminé à demander des efforts supplémentaires face à l’épidémie qui ne faiblit pas. « Ceux qui s’attendent à une perspective de sortie de crise vont être déçus, confiait samedi au JDD un membre haut placé de l’exécutif. Ce sera plutôt un discours churchillien. » D’après plusieurs médias, lui et Philippe ont beaucoup « consulté » ces derniers jours, au niveau national comme européen.

+ Le Danemark, l’Autriche, l’Italie, l’Espagne, la République Tchèque, la Norvège, la Suisse entament le processus de « déconfinement » mardi, par étapes. En général, les magasins, le travail reprennent (hors télétravail), les mesures d’hygiène sont maintenues, les rassemblement sont toujours interdits. Le Danemark rouvre les écoles (crèches, écoles maternelles et primaires) dès mardi. En Angleterre, où il a commencé plus récemment, le confinement ne devrait être assoupli qu’à partir du 25 mai.

+ La confiance dans le gouvernement est encore en baisse, selon un sondage diffusé IFOP pour le JDD: 38% des sondés (- 6 points en une semaine) font confiance au gouvernement pour combattre l’épidémie et ses conséquences, 45 % (-8 points) à être confiants pour l’aide aux entreprises en difficulté. 

+ En Italie, une petite ville très touchée par le coronavirus, Trevolio, a décidé d’utiliser un drone pour repérer les températures des gens. “Nous faisons monter le drone à 25 mètres et quand le drone repère des personnes, on le fait descendre pour établir la température des personnes avec davantage de précision, mais de toute façon de manière approximative”, explique le maire.

13 avril : En Corée du Sud, des patients déjà contaminés par le coronavirus ont été à nouveau testés positifs quelques jours quelques jours après leur guérison. La chef de la diplomatie a ajouté que 600 000 kits de tests de dépistage allaient être livrés aux Etats-Unis.

+ La jurisprudence s’en prend à la répression liée au « confinement ». Le tribunal de Rennes a relaxé une personne qui avait reçu 4 contraventions, en raison de la nullité de son arrestation: l’avocat du prévenu « a relevé que le fichier qui a permis aux forces de l’ordre de constater que son client avait déjà été verbalisé à quatre reprises lors de ce cinquième contrôle, n’est pas un fichier prévu pour cette infraction. Baptisé ADOC (pour Accès aux DOssiers des Contraventions), ce recueil des infractions permet de recenser toutes les contraventions routières automatisées en temps réel« . Une QPC a aussi été posée quant aux droits des personnes ayant reçu 5 PV et qui contestent les faits, explique France Inter.

+ Il n’y a aucune info en France, mais des allemands refusent le « confinement » (pourtant bien moins strict qu’en france) et manifestent. La police ne leur tire pas dessus à coups de flash ball, ne dégaine pas son carnet de PV.

14 avril : Contrairement à la promesse de Macron lors du discours de la veille, Castaner explique que la date du 11 mai pour entamer le déconfinement « n’est pas une certitude mais un objectif« . Il confirme que tout le monde ne sera pas testé, et annonce par ailleurs que 704.000 PV pour non-respect du confinement ont été dressés, et 11,8 millions de contrôles ont été effectués. Cela représente au minimum (à 135€ le PV prix plancher), une somme minimale de 95 millions d’euros.

+ Les services de police de nombreuses villes sont submergés d’appels de dénonciation. Cela peut aller jusqu’à 70% des appels reçus dans certaines grandes agglomérations, et en arrive à saturer les lignes. A Paris, par exemple, « À Paris, Frédérique Calandra, la maire PS du XXe arrondissement, demande aux habitants d’arrêter d’envoyer des messages ou d’appeler pour dénoncer le non-respect du confinement« , relate France Bleu Paris. Un numéro a été ouvert pour recueillir les « doléances » liées au coronavirus. Selon France Info, par exemple, « Dans le Grand Est, le syndicat indique que 50% voire 70% des appels reçus par la police sont des appels de délation« , c’est 50% en Nouvelle Aquitaine, pourtant relativement épargnée par l’épidémie, 20% quand-même dans le Pas-de-Calais. « En revanche, il n’y a pas ou presque d’appels de délations dans le Grand-Ouest, dans la région Centre-Val-de-Loire, la Haute-Normandie ou encore Mayotte ou la Réunion« .

15 avril : Une étude de l’association Recherches et Solidarités affirme que les deux tiers des associations sont à l’arrêt, à partir d’une enquête auprès des associations (plus de 16.000 ont répondu). 82% d’entre elles sont parvenues à maintenir un lien avec leurs adhérents, 67% avec les bénévoles (relations qui reprennent au fil du confinement). La plupart craignent pour leurs financements à venir.

+ L’Etat passe un marché pour « l’acquisition de drones, de passerelles de réception des trames wifi des drones collaboratifs et de prestations associées pour les besoins de la sécurité intérieure« , pour plus de 3 millions d’euros:

  • 1 800 000 € HT pour 565 micro-drones du quotidien,
  • 1 580 000 € HT pour 66 drones de capacité nationale,
  • 175 000 € HT pour 20 nano-drones spécialisés,
  • 240 000 € HT pour les passerelles de réception des trames wifi des drones collaboratifs.

+ Alerte sur les risques de contamination et les conditions de vie dans les centres de rétention administrative, où la France met encore 184 demandeurs d’asile et réfugiés. Des associations et le défenseur des droits demandent leur fermeture. Mais les gardiens risquent de contracter le virus.

16 avril : Facebook (donc aussi Instagram et WhatsApp) va lutter davantage contre les « fake news » dangereuses liées au coronavirus, c’est-à-dire celles qui mettraient en danger le public. Les auteurs seront notifiés (40 millions l’ont déjà été en avril).

+ Le syndicat « Policiers en Colère » demande de réduire les appels de délation: « Tous les jours nos services reçoivent des appels de personnes qui dénoncent un voisin, un collègue ou un proche pour non respect du confinement. Si ces délations en disent long sur la mentalité de certains de nos concitoyens, elles restent, fort heureusement, marginales par rapport à la masse des 67 millions de Français. A l’heure où le gouvernement adore verbaliser les Français, il pourrait utilement créer une contravention à 135 euros pour dénonciation abusive du non respect du confinement, ce qui aurait probablement le mérite de désengorger nos lignes d’urgence« .

17 avril : C’est une cagnotte qui financera l’aide d’urgence aux femmes victimes de violences. Elle a été lancée par la Fondation des femmes, elle a atteint 2 millions d’euros. « Lancée le 25 mars, cette collecte « d’urgence » baptisée #Toutesolidaires a pu faire bénéficier 122 associations d’un soutien financier ou d’un soutien logistique (ordinateurs, gel hydroalcoolique) pour pouvoir poursuivre leur activité d’écoute et d’accompagnement pendant le confinement« .

+ Banderoles au balcon réprimées: Selon Médiapart, « À Paris, Marseille et Caen, des habitants confinés ont reçu la visite de policiers parce qu’une banderole à connotation politique décorait leur fenêtre. Selon les cas, ils ont exigé son retrait ou demandé des précisions sur leurs « revendications »« . A Paris, un homme qui avait placé une banderole « Macron, on t’attend à la sortie » a reçu la visite de deux types qui se sont présentés comme des policiers : « On est montés parce que votre banderole ne plaît pas à tout le monde. Il serait bon de la retirer« . Une main courante aurait été déposée, selon les policiers. Un autre, qui à Caen avait mis une pancarte demandant de l’ « argent magique » pour l’hôpital public a reçu le même genre de visite: « Ils m’ont dit que ma banderole “interpelle” – eux ou les voisins, je ne sais pas – et qu’ils aimeraient “connaître mes revendications”. Ils m’ont demandé si je “faisais ça souvent”. C’était lunaire. Je leur ai répondu que le message était assez limpide, pour la défense du service public, et que même si j’ai manifesté contre la réforme des retraites, c’est effectivement ma première banderole ». 

18 avril : Echauffourées du côté de Grigny cette semaine: « Des policiers ont été pris à partie vendredi 17 avril au soir dans un quartier de Grigny (Essonne), à la suite d’une course poursuite, a appris franceinfo de sources concordantes samedi 18 avril« , explique France Info, qui reprend les propos d’un syndicaliste « les policiers « ont énormément de difficultés à faire respecter le confinement dans certains quartiers ». Le délégué syndical évoque deux autres nuits avec des affrontements à Grigny, le weekend précédent« .

+ Aux USA, des manifestations ont lieu, notamment en Californie, contre le « confinement », et Trump a appelé à se rebeller contre ce même « confinement »: « « Libérez le Minnesota! », « Libérez le Michigan! », « Libérez la Virginie », a-t-il tweeté alors que des militants parfois armés s’apprêtaient à défier samedi les autorités de ces États démocrates en se rassemblant dans la rue« . De grandes « marches de la liberté » souvent en voiture, sont organisées pour dénoncer les mesures de « confinement ».

+ Une enquête du Centre d’Etudes de la vie Politique Française (CEVIPOF) menée depuis le début de la crise du coronavirus montre qu’aujourd’hui, seulement 48,7% des personnes interrogées approuvent le « confinement », contre 57,6% lors de l’enquête réalisée les 24 et 25 mars. Et « les avis défavorables se rapprochent désormais du tiers de l’échantillon (29,3 %)« . 86,1 % sont favorables à des testes de dépistage massifs.

« Une autre évolution notable concerne l’utilisation des téléphones portables
pour contrôler les déplacements. Si cette mesure est moins contestée avec le
temps qui passe, le taux d’approbation reste cependant limité à 40,5 % (contre
34%
[lors de l’enquête des 24-25/03]) ». Le CEVIPOF explique que « à l’acceptation maximale qui s’est manifestée à l’issue des dix premiers jours de
confinement, se substitue progressivement une lassitude, si ce n’est
une impatience, plus ou moins marquée. Dans certains cas, les contraintes
fortes sur la vie quotidienne et économique amènent même des effondrements
des taux d’acceptabilité. C’est par exemple le cas pour la fermeture des
entreprises non indispensables pour lesquelles le taux d’opinions favorables
recule de plus de 20 points
« .

« Cette évolution intervient dans un contexte d’insatisfaction croissante sur la
manière dont le gouvernement s’occupe de la pandémie de coronavirus. Cependant, cette insatisfaction n’apparaît pas seulement comme le résultat
d’une lassitude devant l’enlisement perçu de la situation. Elle est aussi le
résultat d’une colère croissante
(+16 points en 4 semaines) et majoritaire à ce
stade (53%) vis-à-vis de la manière dont l’exécutif gère la crise du coronavirus.
Sans surprise, plus on est en colère, moins on soutient des mesures de privation
des libertés comme, par exemple, le traçage des téléphones portables
« .

19 avril : Jacqueline Gourault, ministre des territoires, annonce que le second tour des municipales ne se tiendra pas avant « la fin de l’été« . L’Association des Maires de France demande qu’il ait lieu en septembre. Philippe avait quant à lui évoqué le 21 juin. Le 3 avril, des élus avaient demandé un nouveau vote dans toutes les communes pour le premier tour et de nombreux recours ont été déposés. Apparemment d’après la loi, si le second tour est reporté après l’été, le premier tour doit être recommencé.

+ Altercations à Villeneuve-la-Garenne entre la police et des jeunes du quartier, à coups de feux d’artifices dans un sens et de lacrymos dans l’autre, suite à l’ « interpellation » violente d’un homme en moto dans la nuit de samedi à dimanche. Alors qu’il passait en moto à côté d’un véhicule de police, un commissaire a ouvert sa portière, ce qui a fait chuter l’homme de 30 ans et l’a grièvement blessé. Deux enquêtes ont été ouvertes: la première sera menée par la sûreté départementale contre l’homme blessé à la jambe, la deuxième contre les personnes qui étaient sur place, pour « attroupement ». « Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête sur « l’ensemble des faits de l’accident » et sur les faits d’outrages et menaces de mort sur les policiers, a précisé le parquet« , précise France Bleu. L’homme blessé compte également porter plainte. Dans un premier temps, l’IGPN n’avait pas été saisie.

20 avril : En Italie, la RAI a créé une « task Force » fake news pour alimenter les médias mainstream et les « débunkers » professionnels, en particulier sur les sujets liés au coronavirus. L’idée st que les médias publics renforcent la cohésion du peuple derrière le divertissement et des info « sûres ».

21 avril : Parmi les réflexions du ministère des Transports pour gérer le « déconfinement », il y a l’idée d’exiger une attestation de l’employeur donnant les heures de travail précises pour accéder aux transports, au moins en Ile-de-France, ou encore demander d’élargir les horaires de travail pour limiter l’impact des heures de pointe…

+ En Californie, Facebook censure les publications appelant à manifester contre le « confinement ».

+ Un rapport d’universitaires et chercheurs alerte sur les risques liés au déploiement de l’application StopCovid, qui sera basée sur la communication Blue Tooth. Intitulé « Le traçage anonyme, dangereux oxymore – Analyse de risques `a destination des non-spécialistes » présente différents scénarios montrant des dérives probables.

Il apparaît que la base de données des malades avec ces applications n’est pas anonymisée. Les applications peuvent aussi être facilement détournées par un voisin, un employeur, par exemple pour faire croire au système que quelqu’un est contaminé. De plus, il y a de grosses failles de sécurité permettant à un particulier ou à une entreprise de tracer une personne en particulier. « Les atteintes que les systèmes de traçage
peuvent faire subir aux droits et libertés de chacun et chacune d’entre nous peuvent
venir non seulement des pouvoirs publics qui en recommandent le développement et la
mise en œuvre, mais aussi d’autres acteurs, collectifs ou individuels, qui sauront tirer profit des propriétés de ces systèmes comme autant de failles
« .

22 avril : A Nice, les quartiers populaires et le centre-ville n’ont pas la même heure de couvre-feu. C’est 22 h en ville, 20 h en périphérie. Le Conseil d’Etat a validé cette décision, qui produit pourtant une discrimination entre les citoyens.

+ Des violences urbaines à Strasbourg risquent de se propager dans plusieurs quartiers, selon la police. France Info reprend la suite des faits : « Lundi 20 avril, dans la soirée, des poubelles et une voiture ont été incendiées, et des cocktails Molotov ont été lancés contre le mur d’une annexe de la mairie dans le quartier de la Meinau. Mais selon cette note des renseignements territoriaux, c’est le bureau de police situé à côté qui était visé. Mardi soir, de nouvelles violences ont éclaté dans ces quartiers. Selon les forces de l’ordre, ces incidents sont en lien avec l’accident du samedi 18 avril impliquant un motard et une voiture de police à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine)« .

+ Les ministres ont donné leurs idées pour le « déconfinement » à l’occasion du Conseil des Ministres: prolongement de l’interdiction des déplacements inter-régionaux au moins jusqu’à la mi-juin, poursuite du « confinement » pour les personnes en télétravail, masque obligatoire dans les transports… Pour les écoles, ce n’est pas clair.

+ La chaîne internationale turque TRT World évoque les violences dont la police est accusée par des « minorités » dans le cadre du « confinement ». Et de rappeler que : « En France, la police a une longue histoire de brutalités, notamment lors des récentes manifestations des Gilets jaunes contre l’austérité économique et les impôts élevés. Plus de 8 400 manifestants Gilets jaunes ont été arrêtés et 2 000 blessés, dont de nombreux blessés graves. Il s’agit de cinq personnes dont les mains ont été arrachées par des policiers et 23 éborgnées« .

+ Un bracelet électronique anti-covid appelé Covid Radius est en expérimentation au Port d’Anvers en Belgique pour assurer le respect des « gestes barrière ». Ledit bracelet intéresse aussi les boîtes du BTP et de la logistique et sera commercialisé en france dès le mois de mai.

23 avril : Les jeunes placés sous la responsabilité de l’aide sociale à l’enfance sont encore éjectés le jour de leurs 18 ans. Cela se fait depuis toujours, c’est insupportable, mais en période de « confinement » pour cause d’épidémie, c’est encore plus dangereux.

+ Un site pour contester les contraventions abusives dans le cadre du « confinement » a été créé par deux avocats. « Face aux inquiétudes suscitées par de trop nombreuses dérives arbitraires, nous constatons une violation régulière de nos libertés fondamentales. Contester, c’est se défendre !« , précise la plateforme. Le site pvconfinement.fr explique les cas de contestation possibles, le fonctionnement de la procédure, et simplifie la démarche.

+ Un homme a été jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Cusset, pour non respect du « confinement » à plusieurs reprises, et a été condamné à 3 mois de prison fermes. Ses avocats ont fait appel: l’homme est SDF, n’avait pas de téléphone, est handicapé et ne sait ni lire ni écrire. Ils ont déposé un Question Prioritaire de Constitutionnalité sur la constitutionnalité du « confinement », rejetée par le tribunal. Selon le journal La Montagne, « En France, plusieurs autres cas similaires à celui-ci ont été observés depuis le début du confinement. Une QPC a notamment été déposée par la conférence des avocats du barreau de Paris. La Cour de cassation devrait prochainement se pencher sur cette question de la constitutionnalité de ce délit de non-respect de confinement, instauré en urgence mi-mars pour faire face à la propagation du nouveau coronavirus« .

+ Répression anti banderoles contestataires: A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde-à-vue pour une pancarte avec écrit « Macronavirus, à quand la fin ?« . Les policiers sont venus une première fois demander le retrait de la banderole, ce qui a été fait, puis sont revenus le lendemain avec une convocation au commissariat central pour l’après-midi même. La jeune femme qui s’y est rendue le lendemain a été immédiatement placée en garde-à-vue pour « outrage » à macron. « Joint par France 3 Occitanie, le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, confirme qu’une enquête a été ouverte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et confiée à la direction départementale de la sécurité publique (DDSP). « Les investigations vont se poursuivre » avec des auditions et des éléments de police technique indique-t-il, tout en précisant qu’il n’y a « pas de poursuites engagées contre quiconque à ce stade, puisque l’enquête est en cours« , rappelle France 3 Toulouse. Pour les avocats, il s’agit d’une opinion politique et non d’un outrage.

+ Une entreprise toulousaine propose ses bracelets électroniques au gouvernement. « L’idée est d’avoir un bracelet, ou un autre objet connecté, qui ne soit pas relié au smartphone et permettrait de connaître les personnes croisées par son porteur durant la journée et celles qui se sont rendues dans différents lieux « , explique le patron à RTL. L’article ajoute que « le gouvernement ne ferme pas la porte à l’éventualité d’utiliser des objets connectés pour les Français qui ne peuvent pas utiliser de smartphone« .

+ La Directrice Générale de Youtube, Susan Wojcicki, déclare qu’elle veut supprimer (et pas simplement cacher) tous les contenus qui vont « à l’encontre » des recommandations -pourtant fluctuantes- de l’OMS. Y compris tous les contenus « médicalement non-fondés« : « Tout ce qui va à l’encontre des recommandations de l’OMS serait une violation de notre politique et donc retiré » a-t-elle affirmé. A un moment, il a été question de démonétiser les vidéos sur le coronavirus, mais Youtube a fait marche arrière. « Susan Wojcicki a reconnu que YouTube avait dû rapidement mettre à jour ses politiques en réponse au virus et à la désinformation qui l’accompagne. La plateforme a déjà interdit les vidéos qui lient la 5G à la propagation de Covid-19« , ajoute Business Insider.

25 avril : Les drones s’immiscent dans l’espace public, explique Médiapart. « Le ministère de l’intérieur indique qu’« il y a aujourd’hui environ 400 drones en service dans la police et la gendarmerie »« , selon le magazine. Ils ont déjà servi à surveiller des manifestations de Gilets Jaunes et sillonnent désormais plusieurs villes pour empêcher les gens de se regrouper ou leur demander de « rentrer » chez eux. On ne sait pas combien de temps les images peuvent être conservées, ni à qui elles peuvent être transmises. Certains drones sont capables de relever les températures corporelles des gens.

+ Le média en ligne La Quadrature du Net met en garde sur l’application STOP-COVID, qui pourrait « se transformer sous peu en « StopCovid Analytica », une nouvelle version du scandale Cambridge Analytica [siphonnage des données privées de dizaines de millions de comptes Facebook]« . Les spécialistes du web et des libertés sur le web ajoutent que « cette « solution » technologique ne serait qu’une continuation du confinement par d’autres moyens. Si, avec ce dernier, nous avons fait l’expérience d’une assignation à résidence collective, les applications mobiles de surveillance risquent de banaliser le port du bracelet électronique« . Parmi les acteurs privés qui s’intéressent au sujet, il y a tous les géants du web américains, les GAFAM (notamment Google et Apple qui hébergeront l’application), et les hébergeurs. Le « débat » au sujet du lancement de cette application a été annulé ce dimanche 26 avril, alors qu’aucun vote n’était de toute manière prévu. Quant à la CNIL, elle met « en garde le gouvernement afin qu’il garantisse le caractère volontaire de l’utilisation de l’application. Ainsi, et même si ces hypothèses ont été écartées par le gouvernement, la Commission explique qu’il ne faudrait pas que « l’accès aux tests et aux soins », « la possibilité de se déplacer » ou encore « l’accès aux transports en commun » soient conditionnés par l’utilisation de l’application« . Mais, elle valide les choix techniques du gouvernement, notamment le « protocole informatique sous-jacent, qui fait débat dans la communauté scientifique« .

Le magazine La Quadrature du Net s’interroge sur les nombreuses dérives possibles, qui ne sont pas de la science-fiction, et sur lesquelles aucune garantie n’est apportée: « Le projet StopCovid n’offre aucune garantie sur les finalités exactes de la collecte de ces données. L’exécutif français ne s’autorise pas à réfléchir à la phase qui suit la collecte, c’est-à-dire au traitement qui sera fait de ces informations sensibles. Quels algorithmes les analyseront ? Avec quelles autres données seront-elles croisées sur le moyen et le court terme ? Son court-termisme s’accompagne d’une myopie sur les dimensions sociales des données« .

26 avril : Article sur les « violences urbaines » par France Info. Suite à un accident grave causé par un policier à Villeneuve-la-Garenne une semaine plus tôt, des émeutes avec feux d’artifices se sont succédé: « L’incident de Villeneuve-la-Garenne pourrait avoir fait tache d’huile : à Nanterre, Asnières-sur-Seine ou Gennevilliers (Hauts-de-Seine), les forces de l’ordre ont consigné depuis dimanche soir des jets de projectiles, des tirs de feux d’artifice ou l’incendie de poubelles et de quelques véhicules. Même constat dans plusieurs communes de Seine-Saint-Denis, le département voisin, comme à Clichy-sous-Bois, Saint-Denis, Aulnay-sous-Bois, et dans une moindre mesure dans le Val-de-Marne. L’agitation a même gagné Strasbourg (Alsace), Roubaix (Nord) ou Rillieux-la-Pape (Rhône)« , énumère l’article. Sur les réseaux sociaux, des vidéos de violences policières dans les quartiers sont aussi diffusées.


[1] Ordonnance n° 2020-320 du 25 mars 2020 relative à l’adaptation des délais et des procédures applicables à l’implantation ou la modification d’une installation de communications électroniques afin d’assurer le fonctionnement des services et des réseaux de communications électroniques. « Auparavant l’agence nationale des fréquences contrôlait scrupuleusement l’installation de chaque antenne. Elle veillait notamment au respect des valeurs limites d’exposition des citoyens aux champs électromagnétiques. Avec cette ordonnance, c’est terminé ! Les exploitants pourront en effet « prendre une décision d’implantation sans accord préalable de l’agence » (…) En janvier dernier, nous vous alertions sur le possible danger du déploiement de la 5G en France. Le gouvernement avait en effet donné son feu vert pour cette implantation sans aucune étude sérieuse sur les risques sanitaires et environnementaux« .

[2] « L’étude a montré que, malgré sa présence à Wuhan, ce n’est pas la variante du type A qui y a causé le plus d’infections mais bien la variante du type B, présente dans des foyers d’infection situés dans la province de Wuhan et du reste de l’Asie. Apparue à Singapour, à Hong Kong et en Corée du Sud, la variante de type C s’est répandue en Europe. L’étude indique que la toute première infection européenne, qui s’est produite en Allemagne, était due à une variante du type C, mais qu’il existe en Italie une deuxième voie d’infection en provenance de Singapour, due à la même variante C mutée », précise 7 sur 7.

La chrono des attaques contre les #libertés dans la crise du #coronavirus

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