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Les mensonges

Coronavirus, sondages et propagande

Alors que le gouvernement multiplie les discours solennels pour justifier sa gestion désastreuse de la crise du coronavirus, il est intéressant de regarder de plus près les nombreux signes qui montrent que l’adhésion est loin d’être massive.

Alors que le gouvernement multiplie les discours solennels pour justifier sa gestion désastreuse de la crise du coronavirus, il est intéressant de regarder de plus près ces signes montrant que l’adhésion est toute relative. Quant à la « colère », elle semble monter de jour en jour.

De la « popularité » à la « colère »

Les télés, les radios, la presse dans une moindre mesure, nous abreuvent du discours officiel sur la gestion de la crise: le gouvernement agit, il gère, aucune critique n’est pertinente aux yeux de nombreux commentateurs.

Pendant deux ou trois semaines, nous avons découvert des sondages d’opinion dans lesquelles la côte de « popularité » d’un Macron, d’un Philippe, d’un Véran, étaient au top. Par exemple (mais il y a eu pléthore):

  • Le 25 mars, dans Ouest France : « La popularité de Macron et Philippe en forte hausse en pleine crise du coronavirus« . Le quotidien breton précisait quand-même que « Ces derniers montrent que la confiance des Français dans l’exécutif pour faire face à l’épidémie baisse au contraire fortement depuis plusieurs jours« .
  • Le 31 mars dans le JDD (propriété de Lagardère), on titre: « La popularité moyenne de Macron est au plus haut depuis juin 2018« , ayant « bondi de sept points en mars (38,7%)« . Le journal précisait les résultats incroyables des différents sondeurs: « Un saut de 7 points dans le baromètre BVA, +11 points dans le sondage Ifop/JDD, +13 points chez Harris Interactive, +14 points chez Ipsos. L’épidémie de coronavirus booste la popularité d’Emmanuel Macron« . 
  • Le 3 avril dans le Huffington Post, le titre de présentation du sondage est « Coronavirus: la popularité de Macron augmente, celle de Philippe s’envole – EXCLUSIF« . Et d’expliquer que « Si avec 28% d’opinions favorables le chef de l’État gagne 2 points par rapport au mois de mars, c’est le Premier ministre qui voit sa cote littéralement décoller« … à 31%.

Mais depuis une semaine ou deux, ce sont d’autres sondages qui prennent le pas: ceux qui interrogent l’opinion sur le ressenti par rapport à la gestion de la crise, par rapport aux différentes mesures qui sont prises.

Le problème pour les gens n’est pas, n’est plus la personnalité d’un « Jupiter » défraîchi. Le problème des gens c’est leur quotidien contraint, privé de libertés, leur avenir immédiat et celui de leurs enfants.

Macron est en passe de aire de la France le serons le pays qui sera confiné le plus longtemps en Europe, si on s’en tient à la date du 11 mai ou pas. Et nous sommes depuis des semaines le 4e pays le plus mortifère au monde pour le coronavirus. L’échec est flagrant, il crève les yeux.

Revenons sur quelques chiffres, au fil du temps…

Il apparaît que cette propagande, pourtant massive, a de moins en moins d’effet sur l’opinion. Il est même possible qu’elle commence à être contre-productive.

Dès la fin mars, les critiques se sont faites plus fortes dans l’opinion, et les sondages en ont été reflet, avec un certain décalage. On a moins entendu parler de la « popularité » de Macron et son gouvernement.

Le 25 mars, par exemple, + Sondage Odoxa pour La Figaro : « 55 % des Français jugent que le gouvernement n’a pas pris la mesure de la gravité de la situation, 69 % estiment qu’il n’est pas clair et 79 % considèrent qu’il ne sait pas où il va (…) 70 % des Français estiment ainsi désormais que le gouvernement ne leur dit pas la vérité et 75 % sont désormais persuadés que le gouvernement n’a pas pris les bonnes décisions au bon moment et surtout parce qu’il n’a pas fait le nécessaire pour bien équiper les hôpitaux et les soignants face à l’épidémie. Tous les Français interrogés (97 %), sont persuadés qu’il y a bien en France une pénurie de masques, et les deux tiers d’entre eux (65 %) estiment que le gouvernement actuel en est responsable« .

Nouveau sondage IFOP le 31 mars: « 72% des personnes interrogées estiment que le gouvernement a caché certaines informations » . Peu mentionné dans les médias, ce sondage précisait encore : « les Français déplorent un déficit de réactivité de la part des pouvoirs publics : seuls 26% des répondants estiment que le gouvernement a réagi rapidement (-17 points depuis le 15 mars). Parallèlement, dans le contexte de pénuries de masques et de tests, deux tiers considèrent que le gouvernement n’a pas donné les moyens aux professionnels de santé et aux infrastructures pour lutter contre le virus (+20 points depuis le 15 mars) » .

Le 12 avril, un sondage IFOP pour le JDD affirme que la confiance dans le gouvernement est encore en baisse: 38% des sondés (- 6 points en une semaine) font confiance au gouvernement pour combattre l’épidémie et ses conséquences, 45 % (-8 points) à être confiants pour l’aide aux entreprises en difficulté. 

Le 18 avril, selon le baromètre du Huffington Post, 51% des personnes interrogées soutiennent encore le « confinement ». Le journal explique que au fil du temps, « de moins en moins de Français interrogés chaque semaine par YouGov pour Le HuffPost soutiennent le principe de ce confinement« .

Le 18 avril également, les chiffres sont différents dans une enquête du Centre d’Etudes de la vie Politique Française (CEVIPOF) menée depuis le début de la crise du coronavirus. Cette enquête indique que seulement 48,7% des personnes interrogées approuvent le « confinement », contre 57,6% lors de l’enquête réalisée les 24 et 25 mars. Et « les avis défavorables se rapprochent désormais du tiers de l’échantillon (29,3 %)« . 86,1 % sont favorables à des tests de dépistage massifs.

Le rapport mentionne que « l’utilisation des téléphones portables pour contrôler les déplacements » est « moins contestée avec le temps qui passe » mais que « le taux d’approbation reste cependant limité à 40,5 % (contre 34% [lors de l’enquête des 24-25/03]) ».

Le CEVIPOF explique que « à l’acceptation maximale qui s’est manifestée à l’issue des dix premiers jours de confinement, se substitue progressivement une lassitude, si ce n’est une impatience, plus ou moins marquée. Dans certains cas, les contraintes fortes sur la vie quotidienne et économique amènent même des effondrements des taux d’acceptabilité. C’est par exemple le cas pour la fermeture des entreprises non indispensables pour lesquelles le taux d’opinions favorables recule de plus de 20 points » .

« Cette évolution intervient dans un contexte d’insatisfaction croissante sur la manière dont le gouvernement s’occupe de la pandémie de coronavirus. Cependant, cette insatisfaction n’apparaît pas seulement comme le résultat d’une lassitude devant l’enlisement perçu de la situation. Elle est aussi le résultat d’une colère croissante (+16 points en 4 semaines) et majoritaire à ce stade (53%) vis-à-vis de la manière dont l’exécutif gère la crise du coronavirus. Sans surprise, plus on est en colère, moins on soutient des mesures de privation des libertés comme, par exemple, le traçage des téléphones portables » .

Quant aux français, ils tentent de s’exprimer. Sur les réseaux sociaux, où les bots macronistes sont hyper présents, où la censure s’accroît contre ce qui est qualifié de « fake news », mais aussi sur leurs balcons.

Et cela commence à déranger les autorités qui, comme l’a dit Médiapart cette semaine, n’hésitent pas à rendre visite aux « afficheurs » pour leur demander de retirer leurs messages quand ils sont critiques ou interpellent le gouvernement.

Nous avons bien compris que pour sauver la macronie, ce « confinement » doit durer. Ce gouvernement va tout tenter pour interdire les rassemblements, et donc les manifestations, le plus longtemps possible. Mais le pourra-t-il?

#Coronavirus, sondages et #propagande : la colère monte contre l’incapacité du gouvernement à agir

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